21 octobre 2009
La Maison Bleue ou Villa des anges...
Notre maison, est notre premier petit paradis. Voilà dix ans que nous la peaufinons, la briquons, la décorons, sans arrêt nous refaisons les peintures. La proximité de la mer ? Non, pas du tout, car tous les ans, nous ressortons pinceaux, rouleaux et la peinture n'a vraiment pas le temps de s'altérer. Alors ?
On adore changer les couleurs ! Nous avons commencé avec une maison aux murs ocre et aux volets bleus, puis, au fil du temps, on a opté pour les murs orangés avec les volets bleus plus foncé, murs extérieurs orangés murs de la galerie jaune (pour la lumière du soir si belle), et volets framboise, puis, retour aux volets bleus plus intense encore sur la façade marine et les autres en rouge basque. Donc, notre maison n'est presque plus bleue (ah si, il y a un grand mur bleu vif) et comme les angelots s'accumulent à l'intérieur (l'amour les attire), on a choisi de la rebaptiser la maison des anges !
08 mai 2009
Loisirs au Café de la Plage
Les loisirs à bord du Café de la Plage sont relativement limités. Le barreur barre, le régleur de voiles règle les voiles, mais ensuite il n'a plus rien à faire ou rarement. Quand le barreur est fatigué, les rôles s'inversent. Il y a les grains qui nous font prendre des ris, il y a les baleines qui apparaissent au loin mais il reste quand même beaucoup de temps pour la rêverie ou la pêche.
Bernard l'Ermite m'a offert une canne de pêche au gros avec un moulinet et tout et tout. Les débuts sont rageants, le poisson est là tout près mais pour une raison inconnue, il s'en va pour toujours... Nous ramenons maintenant de quoi dîner à bord. Différentes options s'offrent à nous. La fameuse recette du poisson à la tahitienne, le petit (minuscule) poisson grillé pour une demi personne, le thon mi-cuit aux tomates oignons et au lait de coco, ou tout simplement cuit dans l'eau de mer !
Vous pêchez un poisson tout frais : dorade coryphène, thon, thazard maquereau ou petit poisson de roche (gorette), plusieurs recettes sont possibles mais la concurrence est rude et le poisson arrive quelques fois déjà tout mangé (mais comestible) et toujours vivant ! Pauvre bête, vite, il faut l'achever ! Il nous reste quand même encore 3 bons kilos de poisson à manger.
De gauche à droite : gorette, dorade, thazard (enfin ce qu'il en reste) et thon...
Par contre si vous pêchez l'un de ceux ci : barracuda ou pagre à dents de chien, pas de quartier, on le détache tout doucement de l'hameçon et on le rejette à la mer ! La ciguatera veille et la "gratte" est insupportable. Dommage, ce sont de belles pièces quand même...
Il aura fallut emporter avec nous : du citron vert, une noix de coco, des oignons, tomates selon la recette que nous voulons déguster.


Ce qui est amusant, c'est de pêcher ! Mais il faut aussi, un barreur hors pair ! quand la ligne laisse entendre son doux bruit : zzzz zzzzz zzzzzzzz, moi, si je suis à la barre, je lâche tout ! donc, Capitaine s'éveille en sursaut de sa douce sieste pour maintenir le bateau loin des embardées qu'il fait à cause de ma négligence ! Il me faut remonter le poisson et il faut pour cela ralentir le bateau, ce n'est pas facile ! Il m'arrive souvent de constater que le génois est à contre pour que le bateau soit immobile. Ca c'est du domaine de mon adoré skipper. Et puis, à moi de jouer, petit à petit ramener le poisson à bord, le gaffer et le glisser dans un grand sac pour qu'il arrête de sauter partout. Je crois, je suis sûre, de tenir ça de mon Papa, pêcheur et chasseur devant l'éternel. Souvent, je le sens sourire et me faire un clin d'oeil.
13 avril 2009
Corail et Bernard l'Hermite en bateau.
Après avoir donné tant de mal à son propriétaire, découvreur et retapeur de génie, Le Café de la Plage beau sloop de 36.7 pieds (12 mètres à peu près) a vogué dans la vraie mer. Jusque là nous ne l'emmenions ou plutôt il nous emportait vers Marie Galante, Petite Terre, les Saintes, et puis moi je trouvais que le Capitaine Troyes manquait un peu d'ambition. Mine de rien, j'oubliais le "Patuelli" (bible de la navigation aux Antilles) à la page Dominica, lui contait les charmes de Portsmouth l'inoubliable accueil des Dominicais, bref, un jour, c'était décidé, nous y allâmes. Mer formée, vent très soutenu, nous surfâmes jusqu'à 9.6 noeuds. Bien sûr, pour les fans de la Route
du Rhum, c'est pas beaucoup, mais pour notre jolie coque de 42 ans ayant subit les affres de trafic de cocaïne, fouille de douaniers, oubli dans un hangar pendant 2 ans puis vente
aux enchères et ré-oubli de son avant dernier propriétaire, c'est beaucoup. Du coup, le Capitaine Troyes, n'en pouvait plus, il FALLAIT qu'il aille plus loin. C'est décidé, on descend en Martinique et si on a le temps, à St Lucie. Mais le Patuelli en main, on constate qu'il y a Antigua (vraie naviguation hors de vue) et aussi B... dont nous tairons le nom pour sauvegarder sa sauvageté, sa sauvagesse, sa sauvageonne.
Précision : ce que C. Troyes a fait à l'intérieur, il l'a fait aussi à l'extérieur ! Donc, à part la voile qui s'est déchirée et qui a demandé 3mètres de coutures dans ce voyage à Corail à Port Louis, il est complètement refait ! D'ailleurs, on va lui offrir une "garde robe neuve" à ce petit ! parce que les voiles quand même c'est important pour un voilier. Sur la photo de la plage de B... on voit : Le Café de la Plage, et une épave sur la plage, et C EST TOUT !

Comment faire pour aller de là à de là ??? Qu'est ce qu'elle raconte ??? Attendez, il y a un isthme qui commence sur la plage et qui donne sur un lagon intérieur où on ne peut pas aller car il n'y a pas assez de fond. Donc, si on veut visiter "la capitale de B..." (C...) on doit traverser cette lagune. Ou alors faire tout le tour mais comme la plage fait 12 km de long, même si on est au milieu, il reste au minimum 24 km à faire à pied...
Il suffit donc de sortir ses jambes du youyou et de marcher à travers la bande de sable ! Il fallait y penser... La prochaine fois, je vous montrerai comment on fait pour se nourrir à bord. Mais là on s'est levés très tôt (4h) pour passer les ponts de la Rivière Salée... On a mérité une petite sieste.
Pour se laver, c'est pas difficile, on saute dans le jacuzzi !!!
Pour la petite histoire, le prix d'une voiture ordinaire, 1 an de galère de poussières de ponçage, de restratification, de couture, de peinture, bureau Véritas, grosses réparations en tout genre, affres administratives, dégâts causés par les manipulations portuaires faites par des "professionnels"... Puis, peaufinage éternel, amour infini d'avoir sauvé du grand plongeon ce bateau qui nous rend si bien le temps qu'on lui a accordé.

















