Nous avons fait 100 miles à bord du Cal 36 !

Nous avons apprécié tout d'abord son cockpit très spacieux, très confortable avec 8 vraies places pour les équipiers. Le Cal 36 peut accueillir jusqu'à 11 passagers ! La barre à roue inox, le charme désuet de DSC_0682son compas en bronze, un winch en bronze de chaque côté doublé d'un winch 3 vitesses, ses taquets "old style". Devant le poste de pilotage, un porte bouteilles du plus bel effet, un casier de rangement, le tout en bois exotique. Les dossiers du cockpit sont en bois. Le rail d'écoute se trouve juste avant la descente. Pour le soleil un bimini, pour supporter le panneau solaire un portique inox sur l'arrière du cockpit. Les passavants sont biens larges, les haubans ont des ridoires surdimensionnés, le mât manchonné fait 13.50m. Boites dorades DSC_0807en bois exotiques, grande plage avant supportant un semi rigide à l'envers, enrouleur de génois. Il se dégage de ce voilier une allure bien sympathique ma foi. Nous quittons la marina pour les essais en mer.

Le moteur de 30cv Yanmar nous permet de sortir du chenal. La mer est forte, les vagues entre 2.50 à 3m déferlent légèrement. L'équipier a hissé la grand voile. Nous apprécions le lazy bag assorti au bimini et au parasol. Passé la cardinale sud, nous nous dirigeons vers l'archipel des Saintes. Cet archipel fait partie de la Guadeloupe, et il y a 7 îles toutes avec leur petit charme. Nous faisons route avec une vitesse de 7 à 8 noeuds en moyenne. La mer est houleuse mais confortable tout de même, les alizés bien établis 15 à 20 noeuds. Le voici bien fringant tout à coup ! C'est un gîteur qui ne nous fait grâce d'aucune erreur de barre ! Les listons sont dans l'eau, c'est ce qu'il aime, nous le laissons faire. Pas mal du tout pour son âge. Nous arrivons aux Saintes par la Baleine et constatons que les voiliers sont trop nombreux à notre goût à Terre de Haut. 4 voiliers plus un bateau de la douane à Ilet Cabri, vraiment non, trop c'est trop. Nous traversons la baie pour nous rendre à Grand Ilet. Le mouillage au ras de la falaise bien qu'à l'abri de la houle d'est est rouleur nous n'y restons que le temps de mouiller et de repartir. Nous n'irons pas non plus à La Coche où nous avions passé une nuit il y a quelques semaines. Nous retraversons pour nous diriger vers l'Anse Crawen, mais là nous attendons pour "voir" c'est rouleur aussi, donc on décide de s'installer au Pain de Sucre. Nous sommes 3 voiliers, c'est la foule des grands jours. Tant pis nous dormirons là.

La cuisinière du bord se précipite pour juger de la pureté de l'eau de mer : un seau (propre) est jeté, l'eau de mer récupérée dans une casserole, l'oeil juge, le doigt goûte : oui c'est pur. Le secret de la proportion d'eau de mer et d'eau douce pour la cuisson des pâtes ou des légumes ne sera pas divulgué ici, il est le fruit de milliers d'heures à la popote du bord et de ses nombreux et douloureux ratés. Le plus fumant : Ilet Fortune 1997, thé à l'eau de mer, on s'en souvient encore... Le mélange eau de mer eau douce bouillonne, les quartiers de giromons sont mis en cuisson, les oignons rissolent, les lardons les rejoignent bien vite, le tout avec une batterie de cuisine impressionnante : nous avons compté pas moins de 2 casseroles inox (Ikéa), une cocotte minute alu trop mignonne de 2 litres, deux poëles, un grille pain à poser sur le gaz, un blender fonctionnant sur le 12 volts, on sent les épicuriens dans cette cambuse. Nous vous donnerons quelques recettes inédites dans un prochain numéro.

Bien sûr nous sommes aux Antilles les repas se prennent donc nuit et jour dans le cockpit. Jolie table escamotable en teck (en fait l'ancien caillebottis de fond de cockpit remanié par le charpentier du bord) qui passe du pont au cockpit en 2mn. Le taud est monté en 2 mn également. Il a été fait sur mesure euh, non sans mesure par l'équipière chargée de la couture à bord. Il est bordeau également. Si le temps le permet (pas trop de vent), le parasol remplace avantageusement le taud en journée.  Oui c'est sûr il n'y a pas de parasol sur Alinghi parce que ça ne va pas avec le nom, mais sur Le Café de la Plage, ça colle quand même pile poil ! Si le temps le permet (pas trop de vent) on allume les bougies en plus des lampes à pétrole. On dîne donc tous les soirs aux chandelles au Café de la Plage par pur plaisir.

Le couchage est prévu pour 2 personnes, ça tombe bien, il n'y a qu'un capitaine et son équipière. Ils feront un effort et dormiront côte à côte dans une magnifique cabine double à l'avant. Equipet avec étagères, trois tiroirs en acajou d'origine, penderie, bibliothèque, on sent le couple installé depuis des années. Il ne manque que la couette pour faire vraiment cocoon mais ils nous le répètent : "quand on se blottit l'un contre l'autre on a déjà tellement trop chaud qu'une couette vous imaginez par des nuits à 27°!" A quand le climatiseur ? Pas de draps avec des dessins de bateau ou coquillage (ni surtout de Bunny ou autre animal poilu à grandes oreilles qu'on trouve dans les champs du bassin parisien) mais de grosses fleurs un peu baba cool jaune orange. C'est assez inattendu.

Le coin toilette est réduit au minimum, mais pourquoi pas non plus ? On n'y passe en général que très peu de temps.

Revenons au carré : une table à cartes (tarot, belote, bataille) escamotable belle invention du charpentier de bord, sofa, coussins moelleux en tissu léopard nain sur le côté babord. Bar bien fourni de différents rhums de la Caraïbe. Cambuse avec évier eau douce à pédale, deux feux inox, frigo (nous en reparlerons dans un prochain numéro "confort à bord") de grands équipets pour les victuailles (étagères à lentilles en boîte, cafetière inox Bodum, de nombreuses épices venues de la Caraïbe, et du piment en voici en voilà). Grands tiroirs contenant de la vraie vaisselle : verres en verre, assiettes en émail, couverts en inox, tasses en porcelaine et même flûtes à champagne. C'est un équipement de série qui nous séduit. Tous les produits d'entretien (une éponge et du produit vaisselle parfumé qui peut faire office de shampoing les matins de disete) sont parfaitement rangés dans l'espace prévu à cet effet. Nous admirons l'ingéniosité du charpentier de bord qui semble omniprésent dans cet article. Deux couchettes : la babord qui abrite un surf 7.2 appartenant à l'équipière chargée de la cuisine et de la sellerie du bord mais qu'elle partage avec le capitaine qui lui a une guitare sur la couchette tribord. Un voilier-radio CD fonctionnant avec ipod diffuse une ambiance latino. Côté déco la peinture coquille d'oeuf de l'avant se termine par un jaune bouton d'or en passant par des dégradés bien sympatiques.

DSC_0474

DSC_0529

Un wc extérieur, un jacusi dans lequel s'ébattent quelques animaux de compagnie, douche à bidon (nous avons adoré) et fin du fin, canne à pêche pour les fins de semaine difficile. Il ne manque rien à ce Cal 36 !

 

DSC_0519

fevrier_2011_dominique_les_saintes_225

Ce numéro spécial Voiles et Voiliers vous est offert gratuitement pour tout abonnement d'un an aux passionnantes aventures du "Le Café de la Plage". Devis sur demande.

Prix d'achat 25000 euros (un peu plus que ma Getz Hundai) des pieds (sales) et des mains pour réussir à obtenir des papiers, et mise à part la garde robe neuve pas de grosses dépenses. Comme en plus on a la flemme (surtout le guindeau qui fait aussi office de bossoir) de mettre le dinghy à l'eau pour manger un bout au restaurant ça nous revient au même budget qu'à la maison.

Dans le prochain numéro : Fiche bricolage "comment confectionner une douche à bidon"